Quadro Independência ou Morte, mais conhecido como O Grito do Ipiranga (óleo sobre tela de Pedro Américo - 1888 - Museu Paulista SP

Acte I : le Portugal petit Européen, grand du monde (1066-1500)

A la fin du XIe siècle les peuples de la péninsule ibérique se rebellent contre la présence arabe. L’alliance s’impose et reprend le contrôle de ses terres. Les provinces de Castille, Léon et plus tard de Navarre, d’Aragon et de Galice sont nées.

La province du Portugal s’unifie, également, sous l’influence du duc Henri de Bourgogne, plus tard comte du Portugal. Son fils s’autoproclamera roi du Portugal avant d’obtenir l’autonomie du territoire de son cousin Alfonso VII, roi de Castille et Léon.

Le Portugal unifié se développe, à la pointe sud-ouest de l’Europe, naturellement tournée vers la mer. L’air du large mêlé aux parfums exotiques et à l’appât du gain pousse les Portugais vers les cotes Africaine, à la recherche d’une route maritime vers les indes.

L’escadre de Pedro Alvarez Cabral, quitte le Portugal en 1500 avec un double objectif. Consolider la route commerciale vers les indes orientales et naviguer plus à l’ouest pour prendre possession des terres devinées par Vasco da Gama dans son carnet de bord.

Cette avancée vers l’Ouest est le début d’une autre page de l’histoire. Elle ne commence ni avec la découverte de l’Amérique en 1492, ni avec l’abordage en avril 1500 des côtes “da terra de Vera Cruz”: le Brésil!

Tratado de Tordesilhas

Acte II : le Portugal, un pied au Brésil (1500 – 1567)

Le 22 avril 1500, Pedro Alvarez Cabral, aborde une terre qu’il baptise “terra de Vera Cruz”. Cette étape occidentale sur la route des indes est un continent habité où vivent nombre de civilisations riches et millénaires : Aztèques, Incas, Tupinambas. Elles ne résisteront pas aux Européens armées de chevaux, fusils et bactéries.

Une route commerciale s’établit pour l’exploitation du “bois Brésil” dont la sève est utilisée en teinturerie. Le projet colonisateur ne verra le jour qu’en 1530. Dom João III, roi du Portugal, cède à ses “fidalgos” quelques arpents dans la colonie tropicale vierge.

Plusieurs capitaineries naissent. Elles appartiennent à leurs “gouverneurs” qui s’engagent à y établir une maison religieuse et de justice, et un comptoir commercial. Des 13 capitaineries cédées par le roi seules São Vicente et Pernambouc prospèrent grâce au commerce de la canne à sucre. São Salvador da Bahia devient capital et siège de l’administration coloniale.

Médecins, pharmaciens, sans culottes, nobles, soldats, jésuites, femmes, débarquent sur les côtes de Bahia. Un peu plus au sud, il règne aussi un climat d’agitation. Le chevalier de Villegaignon, huguenot converti, s’introduit dans la baie de Guanabara pour y établir la France Antarctique.

Ces mouvements inquiètent les Portugais. On y dépêche le jeune Estácio de Sá et une escorte. L’objectif est de fonder une ville et d’expulser les envahisseurs. São Sebastião do Rio de Janeiro est fondée le 1er mars 1565 mais les français résistent. Ils seront expulsés en 1567.

Victor Meirelles: A Primeira Missa no Brasil, 1861. - Museu de Belas Artes/RJ

Acte III : le Portugal, à la conquête du Brésil (1567 – 1692)

Les fondations de l’Empire sont posées mais la survie est précaire. Aucune trace d’or alors que l’Espagne l’extrait facilement des pays andins. Les français fondent São Luis dans l’actuel Maranhão. La canne à sucre s’acclimate aux conditions du nord mais la main d’œuvre fait défaut.

Le Portugal se lance à la conquête du Brésil.

Les porte-drapeaux de São Paulo s’aventurent loin de l’océan en quête d’or, sans succès. Le Portugal se lance dans le commerce triangulaire, des ethnies venues d’Afrique, et résout le défaut de main d’œuvre. Une intervention militaire met fin aux prétentions françaises.

De bien petites victoires quand la Hollande devient, par jeu d’alliance, ennemie du Portugal. Dans le but d’assoir son contrôle sur la traite et le commerce du sucre la Hollande envahit Pernambouc. L’entente est “cordiale” et la ville de Recife se développe sous l’influence éclairée du gouverneur Maurice de Nassau.

Son départ échauffe rapidement les esprits. Les forces présentent, esclaves, indiens, colons se rassemblent et rejettent les hollandais à la mer en 1654. Les décennies suivantes, le commerce se stabilise dans les colonies où s’opèrent de prodigieux mélanges ethniques vers la fondation de l’identité populaire brésilienne.

Finalement! A l’aube du XVIIe siècle, les aventuriers de São Paulo découvre de l’or. Cette nouvelle sonne le premier mouvement migratoire portugais vers la colonie.

Batalha dos Guararapes, óleo sobre tela, 494,5 x 923 cm, Rio de Janeiro, Museu Nacional de Belas Artes.

Acte IV : Le Brésil rapporte de l’argent au Portugal (1692 – 1763)

La fin du XVIIe siècle s’annonce turbulence. La découverte d’or dans les ruisseaux du futur état baptisé Minas Gerais (mines générales), se répand comme la poudre.

Les portugais quittent la métropole quand les négociants locaux et leur main d’œuvre esclave conquièrent ces terres inoccupées. L’or coule à flots, Vila Rica, actuelle Ouro Preto, et Mariana, sont érigées; le baroque orne chichement les églises, les réserves semblent inépuisables.

Les capitaineries historiques : Salvador, Rio de Janeiro se développent, favorisées par la circulation de l’or. Le fleuve amazone remplace l’axe commercial des Indes orientales longtemps dominés par les portugais. Noix du Pará, cannelle, clous de girofle, cacao, plantes médicinales sont négociées vers l’Europe pour satisfaire les luxueux besoins de sa population.

L’intégration géographique se poursuit, les capitaineries de Goiás et du Mato Grosso sont créées quand en 1750 un traité hispano-portugais définit les frontières entre les royaumes.

La couronne portugaise revendique la part du lion et prélève 20% de tout l’or extrait dans la colonie. Un tel butin attise les convoitises et les détournements sont légions.

Huit cents tonnes d’or auraient été extraites des mines Brésiliennes au XVIIIe siècle. Quarante pour cent directement reversés à la couronne anglaise, principal créancier du royaume jusqu’en 1765.

Le Brésil rapporte de l’argent au Portugal.

Almeida Júnior: Estudo p/ Partida da Monção, 1897. Acervo Artístico-Cultural dos Palácios do Governo do Estado de S. Paulo.

Acte V : La colonie prend le pas sur la métropole (1763 – 1822)

En 1763, le Brésil devient le vice-royaume du Portugal. Le marquis de Pombal, politicien illuministe, entreprend de moderniser la colonie. Il remodèle l’appareil administratif, diversifie la production agricole, expulse les jésuites et transfère la capitale de Salvador da Bahia à Rio de Janeiro.

La colonie prend le pas sur la métropole.

Cette décennie marque le déclin de la production aurifère. Un problème dans un pays ou toute production industrielle est interdite.

La fin du XVIIIe siècle voit une poignée d’hommes se mobiliser face à la monarchie et réclamer l’émancipation. Ces tentatives frustrées se terminent dans le sang, mais l’essentiel est là : le sentiment indépendantiste est né.

En 1808, fuyant les armées napoléoniennes, le prince régent du Portugal, Dom João VI et sa cour, débarquent à Rio de Janeiro. Il entreprend dès son arrivée de nombreuses reformes. Elles permettront à la colonie de s’émanciper du joug du Portugal.

Le pacte colonial est rompu : les ports sont ouverts au commerce, la banque du Brésil, le trésor public et le jardin botanique sont crées. Une mission artistique française est conviée pour donner au jeune royaume un faste Européen.

Un règne éclairé longtemps rallié. Il quitte le Brésil pour maintenir la monarchie au Portugal. Il lègue au dauphin, Dom Pedro I, le soin de poursuivre son œuvre et au besoin de proclamer l’indépendance.

Chose qu’il fera le 07 septembre 1822.

Quadro Independência ou Morte, mais conhecido como O Grito do Ipiranga (óleo sobre tela de Pedro Américo - 1888 - Museu Paulista/SP

Acte VI : le Brésil impérial (1822 – 1889)

Dom Pedro I, déclare le Brésil indépendant du Portugal le 07 septembre 1822; une tâche finalement simple. Il faut maintenant doter le pays d’une constitution et des organes de représentations nécessaires à un état indépendant.

Alors que les autres pays sud américains sont indépendants et républicains le système monarchique perdure au Brésil. En 1824, l’Empereur promulgue la première constitution du Brésil. Elle distingue les trois pouvoirs mais inclut le pouvoir modérateur de l’Empereur.

En 1831, Dom Pedro I abdique sa couronne brésilienne à faveur de celle du Portugal. S’en suit une période de régence car son fils, descendant d’Orléans et Braganca, n’est pas en âge d’assumer le royaume. Il sera couronné Empereur en 1841, à l’âge de 15 ans.

Surnommé le magnanime, populaire, il participe activement à la politique interne avant de s’engager, en 1864, dans une triple alliance sanglante contre le Paraguay. Pays qui souffre aujourd’hui encore de cette défaite.

L’industrie est inexistante, le Brésil est agro-dépendant, le café, le caoutchouc, le sucre, sont les principales ressources de l’économie. La main d’œuvre esclavage reste indispensable a cet ouvrage.

Une situation contraire à la politique anglaise, premier partenaire commercial du pays qui créer une main d’œuvre libre. Après plusieurs lois qui limite le trafic humain, la princesse régente Isabel, promulgue le 13 mai 1888 la loi Auréa qui abolit l’esclavage au Brésil.

Le règne de Dom Pedro II s’achève le 15 novembre 1889 par la proclamation de la république du Brésil.

Pedro Américo: A batalha do Avaí, 1872-77 - Museu de Belas Artes/RJ

Acte VII : l’entrée du Brésil dans la république (1889 – 1964)

La république est proclamée, l’empereur exilé, l’esclavage est abolit. Cependant, aucun plan n’a été prévu pour intégrer les affranchis dans la jeune république. Ils sont relégués aux activités marginales sans accès à l’éducation.

Les premiers présidents brésiliens sont militaires. En 1891, la première constitution fédéraliste républicaine s’installe et avec elle une alternance gouvernementale entre les caféiculteurs paulistas et les agriculteurs mineiros. Elle durera jusqu’en 1930, à l’encontre de l’industrialisation du pays.

En cette période plusieurs centaines de milliers de personnes émigrent au Brésil, en provenance d’Italie, d’Allemagne et du Japon comme main d’œuvre libre pour le travail de la terre.

Getulio Vargas arrive au pouvoir, en 1930, à la faveur d’un coup d’état. Il restera 15 ans à la tête d’un gouvernement populiste et autoritaire qui aura le mérite d’initier l’industrialisation du Brésil.

La période post-Vargas se caractérise par l’ouverture politique, plusieurs partis se créent à la recherche d’un équilibre entre la centralisation des pouvoirs et l’autonomie des provinces. L’industrialisation du pay se poursuit.

En visionnaire Jucelino Kubitschek se présente à la présidence. Il y accède en 1956; son ambition : développer le pays de 50 ans en 5 ans. Un pari en partie réussi par le transfert de la capitale fédérale de Rio de Janeiro à Brasilia, sortie de terre pour l’occasion. La dernière pierre qui fondatrice du peuple brésilien.

L’immense popularité de Kubitschek ne suffit pas. Il ne sera pas réélu. Les années suivantes sont politiquement troubles. Intrigues et manipulations, aboutissent à la prise du pouvoir des militaires en 1964.

Une dictature militaire qui durera 20 ans.

Deodoro da Fonseca

Acte VIII : De la dictature au BRICS (1964 – 2012)

En 1964, dans un environnement géopolitique mondial à la guerre froide, les militaires fomentent un coup d’état et prennent le pouvoir au Brésil. Une situation qui durera 20 ans.

Ce coup d’état est sponsorisé par les États-Unis séduit par le discours anti-communiste des militaires. Le Brésil devient le principal allié des USA dans l’Amérique du sud socialo-communiste. Un allié maladroit qui participe peu et contrarie souvent les manœuvres politiques de Washington.

Les généraux, pour maintenir la stabilité politique, gouvernent d’une main de fer, spolient les libertés politiques et individuelles. Une période ou l’expression est difficile, les libres penseurs s’exilent. Au contraire, l’économie fonctionne à merveille influencée par la politique industrielle et de grands travaux de la dictature.

En 1985, le militarisme s’effondre et la démocratie revient au Brésil. Le défi est de taille, il faut stopper l’inflation galopante et réduire l’abîme social. Et cela commence mal! Le premier président élu meurt avant son investiture. Le gouvernement de 1990 est destitué, accusé de corruption.

Le sauveur n’accède à la présidence qu’en 1994. Fernando Henrique Cardoso et son gouvernement stabilisent l’économie, contrôlent l’inflation et introduisent le Réal. Il sera réélu en 1998. Le candidat du parti travailliste Luiz Ignacio Lula da Silva accède à la charge suprême en 2002.

Son gouvernement s’attache à réduire la pauvreté, diminuer le chômage et imposer le Brésil sur le plan international. Les succès s’accumulent. Lula jouit d’une popularité sans précédent.

Le Brésil devient un grand du monde. Une preuve! 2 des plus grands évènements sportifs à venir auront lieu sur ces terres.

Presidents du Brésil

Acte IX : Ce que le futur lui réserve (2012 – 20…

Dilma Rousseff, première femme présidente du Brésil, s’attache à poursuivre le chemin tracé par le gouvernement précédent.

La tumultueuse histoire se conjugue au passé. L’appareil politique est stable. Les ressources naturelles sont abondantes. Le marché domestique est croissant. Les capitaux étrangers affluent. Les investissements industriels, infrastructurels et sociaux sont au plus hauts.

Le gouvernement, la population et les étrangers surfent la vague qui fait du Brésil l’uns des pays les plus attractifs du moment.

Le futur proche suscite l’optimisme. En Juin 2013 la coupe des confédérations, répétition générale de la coupe du monde aura lieu. Dans le même temps, le pays recevra Benoit XVI à l’occasion des journées mondiales de la jeunesse.

L’hiver 2014 sera l’occasion de la fête mondiale du ballon rond, dans le pays “dit” du “futebol”. Le Brésil, plus grand vainqueur de l’épreuve et toujours présent en phase finale, n’attend qu’un résultat celui du champion.

Rio de Janeiro, élut par le New York Times comme “LA” destination incontournable de 2013, se prépare à accueillir la nation olympique en 2016 et donner au pays les moyens de ses ambitions.

Alors venez-vous aussi, découvrir, vibrez, écoutez, sentir, sourire les battements de ce pays continent.

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